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La violence conjugale, c’est quoi au juste ?

La violence conjugale s'exerce dans le cadre des relations de couples.
Elle peut s'exercer dans la relation actuelle ou dans une relation terminée.

La violence conjugale, c'est :

L'emploi abusif de pouvoir d'une personne (l'agresseur) contre une autre (la victime). La personne qui détient le pouvoir se sert de ses liens avec la victime pour la placer dans une situation d'infériorité, d'inégalité, d'impuissance et d'insécurité. Cet emploi abusif de pouvoir peut s'exercer par l'entremise de l'intimidation, de coups et de blessures, d'humiliations, de dénigrements, de brutalité, d'oppression, d'exploitation, de privation, de domination, de contraintes, etc.

En fait, la violence conjugale est un rapport de force où un homme, dans la très grande majorité des cas, exerce des pressions sur sa partenaire, dans le but de la contrôler et de s'assurer qu'elle ne le quittera pas.

La violence conjugale se reconnaît par sa constance. La violence conjugale se présente sous différentes formes : verbale, psychologique, physique, sexuelle, ainsi que sur le plan économique par des actes de domination.

La manifestation de la violence conjugale peut aller jusqu'à l'homicide.


Formes de violence :

S’entend comme englobant, sans y être limitée :

La violence physique
Tout contact physique, non désiré et qui n'est pas nécessaire, causant des douleurs physiques, de l'inconfort ou des blessures,

La violence psychologique ou émotionnelle
Tout geste qui provoque de la peur, réduit la dignité ou l'estime de soi.

La violence sexuelle
Toute activité sexuelle non désirée ou forcée.

La violence verbale
Faire des commentaires négatifs déplacés, embarrassants, offensants, intimidants, menaçants ou dégradants pour la femme.

La violence religieuse/spirituelle
Toute tactique pour exercer du pouvoir et du contrôle sur la spiritualité d'une femme ou sur sa pratique religieuse.

L'utilisation des enfants
Blesser les enfants ou menacer de le faire, enlever les enfants dans le but de contrôler une femme.

La violence environnementale
Toute tactique qui fait qu'une femme a peur dans son environnement.

L'utilisation d'un privilège ou du statut social
Faire des gestes ou des commentaires qui suggèrent que la femme est un être inférieur parce qu'elle vient d'un milieu socioéconomique différent.

La violence conjugale s'exerce au quotidien dans un cycle en quatre phases :

Cycle de la violence

Les agressions commises dans un contexte conjugal surviennent à l'intérieur de ce qu’on appelle le « cycle de la violence conjugale ». Ce cycle, qui est mis en place et orchestré par l'agresseur, permet à celui-ci de maintenir sa domination sur sa conjointe. Dans une relation conjugale marquée par la violence, ce cycle se répète plusieurs fois et s’accélère avec le temps.

  • PHASE 1 : Climat de tension

    L’agresseur a des accès de colère, menace l’autre personne du regard, fait peser de lourds silences.

    La victime se sent inquiète, tente d’améliorer le climat, fait attention à ses propres gestes et paroles


  • PHASE 2 : Crise

    L’agresseur violente l’autre personne sur les plans verbal, psychologique, physique, sexuel ou économique.

    La victime se sent humiliée, triste, a le sentiment que la situation est injuste.


  • PHASE 3 : Justification

    L’agresseur trouve des excuses pour justifier son comportement.

    La victime tente de comprendre ses explications, l’aide à changer, doute de ses propres perceptions, se sent responsable de la situation.


  • PHASE 4 : Lune de miel

    L’agresseur demande pardon, parle de thérapie ou de suicide.

    La victime lui donne une chance, lui apporte son aide, constate ses efforts, change ses propres habitudes.





    Escalade de la violence

    Chez certains couples, la violence commence avec les insultes, les dénigrements chez d'autres, elle peut être physique ou verbale. Cependant, dans la majorité des cas, la violence s'aggrave avec le temps. Cette escalade peut être rapide ou prendre des mois et/ou des années. Aucune femme ne peut prévoir ce qu'il en sera. Le degré de dangerosité demeure donc élevé tant que la femme ne quitte pas son conjoint.

    L'escalade se poursuit quand le moyen de contrôle utilisé par le conjoint violent devient inefficace.





    Devrais-je partir?

    La violence n’est pas une perte de contrôle ou d'une impulsion chez les agresseurs.

    C’est un comportement choisi de domination sur l'autre; moyen d'affirmer son pouvoir.

    Cette violence est :
    – Intentionnelle
    – Récurrente
    – Cyclique

    Partir ou
    Il ne semble pas toujours possible de partir, pour de multiples raisons. Quelle que soit votre décision, n’oubliez jamais que vous ne méritez pas d’être battue ou maltraitée et que la violence n’est pas acceptable, même en période de crise. La violence conjugale est un crime.

    Si votre conjoint est violent, partir est un droit. Vous pouvez partir tout en gardant vos droits par rapport aux enfants, à votre logement et à vos biens. Si vous décidez de partir, des solutions existent tant sur le plan pratique, financier que psychologique. Une fois votre décision prise, il est indispensable de préparer votre départ. Une fois que vous aurez quitté, il risque d’être difficile de retourner au domicile conjugal pour y récupérer d’éventuels documents ou affaires importants.

    Rester
    Si vous décidez de rester avec votre partenaire dans l’espoir de changer la situation, n’oubliez pas que l’auteur de violence doit accepter qu’il est en tort et qu’il a besoin d’aide. Exprimer des regrets et dire qu’il va changer ne signifie pas qu’il le fera. Le changement ne se fera pas du jour au lendemain. Il prendra peut-être beaucoup de temps. Pendant cette période, la situation peut redevenir violente. Soyez prête à affronter cette éventualité. Prévoyez un plan de sécurité (voir ci-dessous) et prenez des mesures pour vous protéger


    Conséquences de la violence conjugale sur les femmes

    La violence conjugale a des impacts négatifs sur le bien-être physique et psychologique des femmes qui la subissent ou des enfants qui y sont exposés.

    Conséquences sur les femmes
    • La violence conjugale affecte profondément les femmes qui en sont victimes
    • Baisse de l’estime personnelle
    • Baisse de la confiance: en soi et les autres
    • Perte de ses ressources: personnelles, financières, sociales
    • Isolement
    • Gamme variée d’émotions: honte, colère, culpabilité, peur, sentiment d’impuissance, etc.
    • Problèmes de santé physique et mentale
    • Etc.


    Impact de la violence sur les enfants témoins de violence conjugale

    Les études sur la violence familiale révèlent que même dans les cas où les enfants ne sont pas directement ciblées par la violence dans le foyer, le fait d’en être témoin peut leur faire du tort. Les enfants qui vivent des situations de violence familiale peuvent encourir des dommages corporels immédiats et permanents et même être tués. Ils peuvent aussi connaître des problèmes émotionnels, comportementaux ainsi que des problèmes de développement à court et à long termes, notamment une névrose post traumatique.


    Plan de sécurité

    • Notez les numéros de téléphone utiles (personnes qui peuvent vous aider en cas d’urgence, ami-e, famille, police de votre commune, services d’aide aux femmes victimes de violence conjugales…). Gardez cette liste dans un endroit facile d’accès et mémorisez-le.

    • Convenez d’un code de communication avec des voisins ou collègues de travail qui pourront prévenir les autorités en cas de nouvelle agression.

    • Informez vos enfants sur les conduites à adopter en cas de violences (sortir de la maison, se réfugier chez les voisins,…).

    • Repérez les indices qui précèdent habituellement l’explosion de la violence (voir « le cycle de la violence »).

    • Évaluez les moyens d’assurer votre sécurité dans une pièce de la maison (verrou, téléphone,..).

    • Rendez les armes difficiles d’accès.

    • Prévoyez un plan de sortie